Lisière

Lisière revalorisée dans Othmarsingen (Spittelhalde Ost) (foto: Kaspar Spörri)
Lisière revalorisée dans Remigen (Bürersteig Süd) (foto: Kaspar Spörri).
Lisière revalorisée dans Untersiggenthal (Flueh) (foto: Kaspar Spörri)

Lors de la période RPT (Réforme de la péréquation financière et de la répartition des tâches entre la Confédération et les cantons) 2008-2011, plusieurs centaines de kilomètres de lisière ont été écologiquement revalorisés dans différents cantons. La confédération a soutenu, directement et indirectement, cette importante contribution à la biodiversité. Ce site Web est une contribution indirecte, il sert à transmettre et échanger des informations ainsi que de plate-forme pour l’échange d’expériences dans les domaines suivants:

  • Valorisation des lisières
  • Mesures de revalorisation
  • Programme d’encouragement
  • Échanges cantonaux
  • Et bien plus

Mieux comprendre la lisière

La lisière est la zone de transition entre les terres cultivées et la forêt. La biodiversité dans cet habitat de transition est particulièrement élevée. En effet, de nombreux animaux – oiseaux et insectes – l’utilisent comme milieux de vie. De plus, énormément de plantes qui s’y trouvent, ne se retrouvent ni sur les terres cultivées ni dans la forêt. Leur valeur écologique est donc incontestable. Pour préserver cette richesse, la lisière doit être soignée et entretenue en conséquence. Malheureusement, aujourd’hui, seulement quelques-unes de celles-ci satisfont les critères d’une lisière écologiquement précieuse. Actuellement, conformément au deuxième inventaire forestier du pays, uniquement 30% de celle-ci sont écologiquement précieuses. Les lisières de Suisse représentent ainsi un potentiel écologique colossal qui a jusqu’à présent été exploité uniquement sur une infime partie d’entre elles.

Les lisières n’existent pas sous leurs formes actuelles depuis toujours, elles sont principalement le résultat d’une population sédentaire. Au début du Moyen Âge, les surfaces cultivées s’étendaient tandis que les surfaces forestières étaient détruites. Sur le Plateau suisse, la longueur totale des lisières est estimée à plus ou moins 25'500 kilomètres (Brändli 2010).

Mais d’un point de vue biologique, les lisières ne sont pas seulement une zone de transition. Les lisières ont une frontière commune avec les terres cultivées – à savoir l’agriculture – et la forêt – à savoir les exploitations forestières. Souvent les intérêts et les rapports entre propriétaires changent. Les intérêts de beaucoup de groupes s’opposent les uns contre les autres et sont donc une source de conflits potentiels. Les différentes communautés d’intérêt concernées sont notamment les services forestiers, les agriculteurs, les propriétaires de forêt, la protection de la nature, les chasseurs et finalement la population.

L’office fédéral de l’environnement (OFEV) s’efforce de revaloriser les lisières

Depuis 2008, l’OFEV essaie d’offrir une contribution à la revalorisation des lisières avec ses maigres moyens. En tout, il a été convenu, avec 24 cantons, de revaloriser 1'281 hectares de lisière. Une contribution de la confédération de CHF 4.117 millions est prévue pour ce projet. Si on commence par une largeur moyenne de 15 mètres, cela correspond à une longueur totale de 854 kilomètres de lisière (en considérant qu’en moyenne il est possible de revaloriser 214 kilomètres par année), ou encore à 35 kilomètres par canton (soit 9 kilomètres par canton et par année). Traiter 1 kilomètre de lisière coûte donc en moyenne CHF 4'820 à la confédération. En raison de l’importance écologique et du coût élevé, il est évident que la revalorisation des lisières doit respecter de hautes normes techniques. Ceci concerne autant le choix des bords appropriés, que la qualité des interventions.

Revalorisation écologique des lisières

En comparaison à d’autres habitats naturels, peu d’efforts peuvent suffire à fortement revaloriser les lisières, d’un point de vue écologique. Pour déterminer le degré de revalorisation écologique, il est nécessaire d’évaluer l’état écologique initial et final. La valeur écologique exacte ne peut être déterminée uniquement avec des dépenses démesurées, puisque pour cela, tous les organismes devraient être pris en considération. Les indicateurs clés d’une lisière, tels que la profondeur de celle-ci, la diversité des espèces dans le cordon de buissons, et cetera sont utilisés pour estimer sa valeur écologique. Cette approche s’est révélée être suffisamment précise.

Les éléments de la lisière

  • Le milieu découvert comprend toutes les surfaces sans arbres. Il peut s’agir de terres agricoles, de prairies sèches ou de zones marécageuses. Néanmoins quelques arbres isolés peuvent tout de même se trouver dans cette zone, ou alors, il peut également se former des éléments de structure tels qu’une haie.
  • La forêt dense est définie par la zone d’arbre avec leur houppier.  Le terme "forêt de production" est également un concept synonyme et plus usuel. Les arbres de la forêt dense ont un diamètre à hauteur de poitrine (DHP) supérieur à 16 centimètres et mesurent plus de 4 mètres de haut. 
  • Une lisière se compose des trois éléments suivants: un ourlet herbeux, un cordon de buissons et un manteau forestier. En pratique, la division est souvent difficile à déterminer car la délimitation des différents éléments est fréquemment ambigüe ce qui est le cas pour la lisière moyenne du Plateau suisse. En effet, celle-ci est très faiblement marquée. De plus, les trois éléments ne sont pas toujours présents. Effectivement, les terres cultivées ou les chemins sont souvent directement contigu à la forêt de production et côtoient des arbres de plus de 4 mètres.
  • L’ourlet herbeux constitue la frontière extérieure du domaine de la lisière. Il est formé principalement de graminées et d’herbes. Il forme la zone tampon aux terres cultivées intensément exploitées, c’est pourquoi il s’agit de la partie la plus abondamment rognée.
  • Le cordon de buissons est le véritable lien entre la forêt et le milieu découvert. Il termine la zone d’arbre et forme la transition verticale avec la zone des espèces non ligneuses.
  • Les arbustes et les espèces d’arbres héliophiles prédominent le manteau forestier. Le terme "forêt de non-production" est un concept synonyme qui ne sera pas utilisé ici. Le manteau forestier forme la transition entre la forêt dense et le cordon de buissons. Il recense des arbres avec un diamètre à hauteur de poitrine (DHP) inférieur à 16 centimètres et une hauteur allant jusqu’à 4 mètres. Des espèces qui peuvent péniblement se développer dans la forêt dense, poussent dans le manteau forestier. 
Structure schématique d'une lisière de la forêt dans l'état idéal.

Évaluer la lisière

M. Schütz et M. Krüsi ont développé une clé d’évaluation qui permet de déterminer la valeur écologique des lisières très précisément. Plusieurs étapes sont nécessaires pour évaluer une lisière. Par la suite, chaque étape sera rigoureusement expliquée et présentée. Il est recommandé d’imprimer le formulaire clé avant l’évaluation, ainsi vous pourrez tout de suite noter les mesures relevées.

1. Choisir 100 mètres de lisière

Fondamentalement, les lisières peuvent être évaluées pour deux raisons différentes:

  • Si la qualité des lisières d’une région déterminée doit être évaluée. Il faut alors, dans ce cas, sélectionner, au hasard, un échantillonnage statistiquement valable. Vous trouverez les informations sur les exigences et les procédures dans les documents à droite.
  • Si une lisière spécifique doit être revalorisée. Pour cela, il faut tout d’abord évaluer son état initial. Dans ce cas, la procédure qui suit s’applique.

2. Établir la ligne d’évaluation parallèle à la lisière

La ligne d’évaluation sert uniquement à évaluer la lisère. Elle est tracée à l’extérieur de la lisière. En effet, dans la plupart des cas, elle est choisie de manière à passer à l’extérieur de la frontière de l’ourlet herbeux. Elle doit approximativement être parallèle à la frontière de la forêt.

Elle mesure 100 mètres. Habituellement, on choisit 50 mètres à droite et 50 mètres à gauche du point d’où l’on se trouve. Si la ligne de démarcation de la forêt est fortement irrégulière, la ligne d’évaluation est composée de plusieurs segments de droite. Au bord d’une lisière sinueuse, la ligne d’évaluation est appliquée à l’extérieur des concavités.

La ligne d'évaluation est parallèle à la lisière de la forêt.
La ligne d'évaluation est parallèle à la lisière de la forêt.
La ligne d'évaluation est parallèle à la lisière de la forêt.
La ligne d'évaluation est parallèle à la lisière de la forêt.
La ligne d'évaluation est parallèle à la lisière de la forêt.
La ligne d'évaluation est parallèle à la lisière de la forêt.
La ligne d'évaluation est parallèle à la lisière de la forêt.
La ligne d'évaluation est parallèle à la lisière de la forêt.
La ligne d'évaluation est parallèle à la lisière de la forêt.
La ligne d'évaluation est parallèle à la lisière de la forêt.

3. Établir des points d’échantillonnage pris au hasard

La troisième étape de l’évaluation écologique d’une lisière consiste à établir des points d’échantillonnage pris au hasard. Ceux-ci se trouvent sur la ligne dévaluation. Au total, 5 points espacés de 25 mètres sont établis sur cette ligne. Usuellement le premier point d’échantillonnage se trouve au milieu de la section de lisière de 100 mètres de long. On positionne les deux points suivants en les plaçant un à droite et un à gauche.

Les points d'échantillonnage pris au hasard sont espacés de 25 m.
Les points d'échantillonnage pris au hasard sont espacés de 25 m.
Les points d'échantillonnage pris au hasard sont espacés de 25 m.
Les points d'échantillonnage pris au hasard sont espacés de 25 m.

4. Établir et évaluer un transect

Un transect est établi à chacun des 5 points d’échantillonnage. Il s’agit d’une bande de 50 centimètres de large qui est perpendiculaire à la ligne d’évaluation et à la lisière. Ils servent à l’évaluation de la profondeur de l’ourlet herbeux, du cordon de buissons et de la lisière. Pour que la clé soit valable: lisière = cordon de buissons + manteau forestier. 

Procédure: la profondeur de la lisière est évaluée sur la bande de 50 centimètres de large. 

  • La profondeur de la lisière s’étend de la feuille la plus extérieure d’un des arbustes du cordon de buissons jusqu’à la frontière de la forêt de production. La frontière de la forêt de production passe le long des arbres ayant un diamètre à hauteur de poitrine (DHP) supérieur à 16 centimètres. La profondeur de la lisière contient le manteau forestier et le cordon de buissons. 
  • La profondeur du cordon de buissons s’étend de la feuille la plus extérieure d’un de ces arbustes jusqu’au premier arbre du manteau forestier. 
  • La profondeur de l’ourlet herbeux s’étend de la feuille la plus extérieure d’un des arbustes du cordon de buissons jusqu’à la frontière extérieure de celui-ci. Souvent les terres cultivées intensément utilisées ou les routes et chemins tracent cette frontière extérieure.
Beispiele für die Ermittlung von Waldrand-, Strauchgürtel- und Krautsaumtiefe. Je nach Ausprägung der verschiedenen Waldrandelemente ergeben sich unterschiedliche Ergebnisse bei den Tiefenmessungen.
Beispiele für die Ermittlung von Waldrand-, Strauchgürtel- und Krautsaumtiefe. Je nach Ausprägung der verschiedenen Waldrandelemente ergeben sich unterschiedliche Ergebnisse bei den Tiefenmessungen.

5. Longueur du cordon de buissons et de l’ourlet herbeux

Dans un deuxième temps, les critères de structure restante sont saisis. La longueur du cordon de buissons et celle de l’ourlet herbeux de la section sont estimées et exprimées en pourcent. La densité du feuillage de toute la section du sol jusqu’à 1.5 mètre de haut doit être estimée.

6. La diversité botanique

Die Erhebung der Gehölzarten in der Strauch- und Krautschicht ist ein wesentlicher Bestandteil des Schlüssels zur ökologischen Bewertung von Waldrändern: 

  • Es ist wichtig, dass Sie die Gehölzarten bis 10 m hinter die Verbindungslinie zwischen den äussersten Bäumen mit BHD > 16 cm erfassen. Beachten Sie, dass Gehölzarten mit einer Wuchshöhe > 4 m zur Baumschicht und Gehölzarten mit einer Wuchshöhe < 4 m zur Strauch- und Krautschicht gezählt werden. Wichtig ist, dass Sie die Anzahl Dornstraucharten festhalten, da diese ökologisch besonders wertvoll sind und im Bewertungsschlüssel bei der Auswertung zusätzliche Punkte erhalten. Die meisten der zu erwartenden Gehölzarten sind auf der Rückseite des Formulars des Bewertungsschlüssels abgedruckt und können direkt im Feld angekreuzt werden. Sollten Sie im Feld eine Art vorfinden, welche nicht auf der Liste enthalten ist, können Sie die Art am Ende der Liste hinzufügen.
Rückseite des Bewertungsschlüssels. Die im Feld vorgefundenen Arten können mit einem Kreuz markiert werden und der Baum- (B) oder der Strauch- und Krautschicht (SK) zugeteilt werden. Bei den hellgrauen Arten handelt es sich um Nadelgehölze, bei den dunkelgrauen Arten um Dornstraucharten.
Rückseite des Bewertungsschlüssels. Die im Feld vorgefundenen Arten können mit einem Kreuz markiert werden und der Baum- (B) oder der Strauch- und Krautschicht (SK) zugeteilt werden. Bei den hellgrauen Arten handelt es sich um Nadelgehölze, bei den dunkelgrauen Arten um Dornstraucharten.

7. Évaluation complémentaire

  • Type d’ourlet herbeux: le type d’ourlet herbeux a une grande influence sur la biodiversité. Il s’agit donc d’un aspect important sur l’évaluation des lisières. Les innombrables types sont réduits à quelques catégories: gras, Fromental, hauts arbustes et maigres. 
  • La diversité botanique dans la forêt de production: en plus de la diversité des espèces de l’ourlet herbeux et des arbres, nous nous intéressons également à la diversité botanique de la végétation au sol de la forêt. Elle donne des informations sur le type de forêt et également sur la diversité des espèces dans la forêt. Ici trois classes sont distinguées: pauvre, moyen et riche! 
  • Degré de crénelure: le degré de crénelure mesure les concavités et les irrégularités de la lisière avec l’ourlet herbeux. Plus la lisière est irrégulière, plus sa surface devient grande et de même pour sa valeur écologique. Le degré de crénelure est donné par le rapport de la longueur effective de la lisière sur la ligne d’évaluation. Degré de crénelure = longueur effective de la lisière (cordon de buissons) / ligne d’évaluation
  • Petites structures et arbres morts: ces structures fournissent un habitat pour les insectes et les petits animaux. Sur la section de lisière considérée, ces petites structures sont comptées. Les petites structures sont, par exemple, un tas de pierres ou du bois mort sur le sol. Les arbres morts doivent mesurer au minimum 2 mètres et avoir un DHP supérieur à 16 centimètres. 
  • Profondeur du cordon de buissons externes: il faut savoir que les cordons de buissons externes sont rares cependant ils sont bénins car ils élargissent considérablement l’habitat des oiseux et des insectes. Premièrement, il faut déterminer si un cordon de buissons externes existe, puis, si c’est le cas, il faut mesurer sa profondeur. Attention toutefois à ne pas confondre, les buissons isolés ne sont pas des cordons de buissons ! 
  • Espèces problématiques: par exemple, la clématite des haies, le mûrier sauvage, le frêne commun, et cetera sont considérés comme des espèces problématiques. On voudrait déterminer quel est le pourcentage de la surface de la lisière qui est couverte par ces espèces.
  • Espèces exotiques envahissantes: ce qui est important avec ces plantes est de déterminer le nombre d’espèces différentes qu’il y a dans la lisière évaluée. Les espèces exotiques envahissantes faisant parties de la liste noire suivantes sont énumérées à titre d’exemple: le robinier, le laurier-cerise, le chèvrefeuille japonais, le mûrier sauvage arménien, le cerisier tardif et le puéraire hérissé.
Ein von Adlerfarn dominierter Krautsaum.
Ein von Adlerfarn dominierter Krautsaum.
Die Linie entlang des Wirtschaftswaldes ist stark verzahnt, aber der Strauchgürtel verläuft nahezu parallel zur Beurteilungslinie. Die Linie entlang des Wirtschaftswaldes ist etwa 2 Mal so lang wie die Beurteilungslinie (Verzahnungsgrad = 200 / 100).
Die Linie entlang des Wirtschaftswaldes ist stark verzahnt, aber der Strauchgürtel verläuft nahezu parallel zur Beurteilungslinie. Die Linie entlang des Wirtschaftswaldes ist etwa 2 Mal so lang wie die Beurteilungslinie (Verzahnungsgrad = 200 / 100).
Die Linie entlang des Wirtschaftswaldes verläuft parallel zur Beurteilungslinie, aber der Strauchgürtel ist stark verzahnt. Die Strauchgürtellänge entspricht etwa dem 1.8-fachen der Beurteilungslinie (Verzahnungsgrad = 180 / 100).
Die Linie entlang des Wirtschaftswaldes verläuft parallel zur Beurteilungslinie, aber der Strauchgürtel ist stark verzahnt. Die Strauchgürtellänge entspricht etwa dem 1.8-fachen der Beurteilungslinie (Verzahnungsgrad = 180 / 100).

8. Attribuer des points

Á l’aide du tableau de classement, des points sont attribués suivant les critères saisis. D’après le résultat, un jugement écologique global peut être déterminé.

9. Estimer la probabilité

Finalement, il faut contrôler si la classification écologique est plausible. Pour cela, il faut vérifier si le résultat de l’évaluation correspond à l’impression générale subjective. Si ils ne correspondent pas, la liste des espèces et la profondeur de la lisière doivent être vérifiées à nouveau. En ce qui concerne le contrôle de la profondeur, les transects sont déplacés d’environ 12.5 mètres (dans la même direction). Sous la rubrique lisière évaluées, vous trouverez quelques images de résultats d’évaluation, ainsi vous pourrez vous faire une idée de ce à quoi cela ressemble.

Revaloriser la lisière

En considérant uniquement le Plateau suisse, la longueur totale de toutes les lisières mises bout à bout mesure environ 25'500 kilomètres (Brändli 2010), soit plus de la moitié de la circonférence de la Terre! Comme toutes les transitions de biotope (écotone), les lisières sont potentiellement très précieuses et riches en espèces – pour autant qu’on les aménage correctement. Malheureusement, jusqu’à maintenant, cet immense potentiel a été trop peu utilisé. La raison principale à cela réside dans le manque de profondeur du cordon de buissons et de l’ourlet herbeux – les lisières ont besoin de plus de place pour un développement optimal! Une étude a montré que la profondeur de l’ourlet herbeux et du cordon de buissons d’une lisière moyenne suisse se trouvent en dessous de l’optimum écologique. 

La valeur écologique des lisières peut être déterminée avec la clé d’évaluation. Pour les lisières évaluées comme faisant partie de la catégorie "insatisfaisant" et "satisfaisant", les interventions uniques et simples ne suffisent souvent pas pour augmenter la diversité structurelle et botanique à long terme. Les lisières qui ont le rapport coût-bénéfice le plus défavorable sont, d’une part, celles qui sont déjà évaluées comme précieuses et, d’autre part, celles en mauvais état avec un faible potentiel de revalorisation (étant donné que les conditions locales font qu’il est impossible de faire une revalorisation écologique considérable). Avec des interventions de revalorisation, le dynamisme serait stimulé (pour lequel des interventions réparties durant la durée de la revalorisation et le long de la lisière sont nécessaires) et l’ourlet herbeux ainsi que le cordon de buisson auraient plus d’espace et de lumière. Ainsi, grâce à ces mesures, la diversité de la flore et de la faune augmente également. 

Contrôle du résultat: après un délai raisonnable, le résultat des interventions peut à nouveau être évalué avec la clé d’évaluation de manière à comparer l’état actuel à l’état initial.

Aucune lisière n’est similaire, donc une méthode universelle pour la revalorisation écologique des lisières a peu de sens. Cette section a pour but de présenter des suggestions, des idées et des points souvent négligés. La procédure correspond à un déroulement de projet de revalorisation habituel (Beispiele von bereits durchgeführten Waldrandaufwertungen).

1. Choix de la section de lisière à revaloriser

Les lisières sont aussi bien choisies d’après des critères écologiques que des critères pratiques et économiques. Pour une mise en œuvre réussie d’un projet, les deux critères doivent être remplis.

Critères écologiques:

  • Exposition: les emplacements exposés au sud et à l’ouest donnent de meilleurs résultats
  • Valeur écologique des milieux ouverts avoisinants ainsi que celle de la forêt
  • Mise en réseau avec les alentours
  • Inclinaison de la pente et topographie (accessibilité)
  • Taille de la surface
  • Probabilité de durée de vie de la lisière

 

Critères pratiques et économiques: 

  • Coopération de l’agriculteur?
  • Est-ce que le financement est garanti?
  • Comment et quand les interventions d’entretien sont-elles possibles?
  • Est-ce que des espèces problématiques (espèces exotiques envahissantes) peuvent mettre en péril ou en échec tout le travail?

2. Planification

Une intervention sur une lisière doit être planifiée à long terme, ce qui signifie que les capacités et les financements doivent être mis au point à long terme. La première intervention est seulement l’amorce de la revalorisation de la lisière. En effet, l’éclaircissement de la lisière favorise la croissance rapide et la forte concurrence des espèces telles que le frêne commun et les arbustes de noisetier. C’est pourquoi, après 2-3 ans, une intervention d’entretien doit être effectuée pour garantir la diversité des espèces. Ensuite, une intervention tous les 4 ans est suffisante. Si les interventions de soin ne sont pas faites, la valeur écologique de la lisière peut massivement s’aggraver en comparaison à l’état initial. Ce gaspillage de ressources doit absolument être évité. 

D’un point de vue financier, la répartition du budget devrait être d’environ 1/3 pour la première intervention et 2/3 pour les interventions de soins. Vous trouverez ci-dessous quelques exemples de lisières qui ont été revalorisées il y a 2-3 ans. Elles remplissent tous les critères et l’augmentation de valeur écologique est à supposer. Néanmoins les frênes communs, les arbustes de noisetier et les érables champêtres prolifèrent, ne laissant aucune lumière aux buissons restants. Ces espèces problématiques doivent donc être coupées lors de l’entretien des lisières. Lors de l’intervention de soin durant la deuxième année, ces espèces problématiques peuvent être combattues avec de faibles dépenses. Ensuite les dépenses augmentent considérablement.

3. Évaluer une lisère avec la clé d’évaluation = état actuel

Cette démarche a déjà été traitée en détail.

4. Évaluer le potentiel de revalorisation et formuler l’objectif de revalorisation

L’état d’aboutissement doit être défini par le potentiel de revalorisation. Quelles espèces peuvent être favorisées ? Comment maximiser la diversité structurale?

5. Déterminer les mesures de revalorisation

Première intervention

  • Créer des structures (par exemple, créer progressivement des criques (réparties durant la durée de la revalorisation et le long de la lisière) et encourager la dynamique des lisières. Ainsi la succession naturelle peut continuellement être repoussée et la lisière est de ce fait renouvelée. Par suite, il apparaît une mosaïque des différentes étapes de végétations.)
  • Éclaircir
  • Laisser le bois mort sur pied ou par terre. Ils constituent d’importants milieux de vie pour les champignons, les lichens, les insectes ou de manière générale, pour les décomposeurs. Ces structures sont donc importantes pour l’écosystème. Les cavités dans le bois mort sur pied ou par terre peuvent également être utilisées comme refuges ou lieu pour dormir pour les mammifères vivant dans les arbres et comme sites de nidification pour les oiseaux cavernicoles.
  • Installer de petites structures (tas de pierres, de branche et de terre). Ces structures offrent un milieu de vie pour les insectes, les amphibiens, les reptiles et les petits mammifères.
  • Former de grands arbres courbés pour qu’ils deviennent du bois mort sur pied

Intervention de soin

  • Enlever les espèces exotiques envahissantes et les espèces étrangères au lieu pour conserver la diversité des espèces
  • Réduire les arbres dominants et les arbustes à croissance rapide en faveur des arbres et des arbustes à croissance lente ou au sol
  • Éclaircir le cordon de buissons de manière à empêcher l’ombrage de l’ourlet herbeux et à la fois de pouvoir obtenir une séparation certaine des éléments de la lisière
  • Utiliser l’ourlet herbeux extensif de manière à favoriser la diversité des espèces et rendre possible le couplage de l’ourlet herbeux avec les terrains avoisinants
  • Garder le bois mort sur pied ou par terre

6. Réaliser et documenter la revalorisation

Il est important que les revalorisations de lisières soient documentées par écrit et/ou avec des photos. Ainsi seulement, une brochure pour documenter les soins des lisières et une base de connaissances sur ces revalorisations peuvent être développées. Avec le temps, il sera alors également possible de faire un rapport sur l’efficacité des mesures choisies et si les objectifs ont été atteints avec ces mesures (Beispiele von bereits durchgeführten Waldrandaufwertungenier).

7. Faire le contrôle du résultat, c’est-à-dire appliquer à nouveau la clé d’évaluation

Le contrôle du résultat se fait 3 à 5 ans après la première intervention et est réalisé avec l’aide de la clé d’évaluation. Ainsi on contrôle, si les objectifs de revalorisation ont été atteints avec les mesures de revalorisation et si la section de lisière a réellement été revalorisée écologiquement. Si le contrôle du résultat est fait trop tôt, on constate souvent que le résultat de l’état écologique de la lisière est plus mauvais qu’avant la première intervention. En effet, après de telles interventions, les lisières ont besoin de temps pour se développer. Néanmoins, après des mesures de revalorisation, certaines structures de lisières sont parfois reconnaissables très tôt et peuvent être intégrées dans le contrôle du résultat.

Aide pratique pour la revalorisation des lisières en Suisse

Clarification des besoins pour les cantons sélectionnés

La base de ce rapport est constituée de sept interviews avec les cantons responsables de leurs lisières suivants: l’Argovie, l’Appenzell Rhodes-Extérieures, Bâle, Berne, Soleure, le Valais et Zurich. Les débats traitent des besoins ainsi que des mesures appliquées pour la revalorisation des lisières. Les besoins peuvent être, par exemple, sous forme de cours ou encore de la création d’un site web ou d’une brochure.

Différents débuts intéressants ont été apportés durant l’expérience. Les grandes différences d’expériences entre les cantons concernant la revalorisation de lisières sont également remarquables. Les résultats des débats étaient brièvement résumés. 

D’après les résultats, des conclusions et des recommandations ont été tirées par l’OFEV concernant d’autres agissements. Les mesures possibles sont les suivantes: 

  • D’autres sondages
  • Contrôle de la qualité des lisières revalorisées
  • Excursion organisée sur le thème des lisières
  • Conférence sur le thème des lisières
  • Brochure sur les lisières
  • Normalisation de la nomenclature
  • Présence sur internet et solutions innovatrices
  • Aide à l’accès à l’information pour la population concernée
  • Contrôle des résultats par l’OFEV

Clarification des besoins pour les cantons sélectionnés

Lignes directrices pour la revalorisation des lisières (service forestier des Grisons)

Le canton des Grisons a rédigé un rapport sur les lignes directrices à suivre pour la revalorisation écologique des lisières. Le rapport contient divers commentaires exemplaires et est très riche en information.

Lignes directrices pour la revalorisation des lisières (GR)

Programme de hiérarchisation des lisières (service forestier des Grisons)

Le canton des Grisons a énoncé un concept pour sélectionner les lisières à revaloriser écologiquement. Le concept est très polyvalent et contient de bons débuts.

Checkliste: Programme de hiérarchisation des lisières (GR)

Programme sur la lisière d’Olten

La commune d’Olten a décidé d’élaborer un programme sur les lisières qui reprend toutes les différentes exigences de celle-ci et qui coordonne ainsi la base d’un accord productif entre les habitants de la commune et les propriétaires de forêt. En automne 2007, le bureau Hasspacher et Iseli (Olten) a été consulté et chargé de remanier le programme sur les lisières.

Programme sur la lisière d’Olten

Hiérarchisation des revalorisations de lisières avec des critères écologiques et économiques basés sur le SIG.

Mit Waldrandaufwertungen kann die Biodiversität unserer Landschaft gut gefördert werden. Darum werden Waldrandaufwertungen vom Bund unterstützt. Die vorliegende Arbeit ist ein Hilfsmittel um diejenigen Waldränder auszuwählen, deren Aufwertung den grössten Gewinn für die Biodiversität bringt. Die Priorisierung erfolgte anhand von Beispielen im Kanton Schwyz.

Hiérarchisation des revalorisations de lisières avec des critères écologiques et économiques basés sur le SIG

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